Evolution du catalogage

Ne va-t-on pas vers un traitement automatique des données qui diminuera le nombre de catalogueurs et donc le nombre de personnels dans les bibliothèques ?

La question qui fâche ! A terme, on va vers une récupération accrue des données (des éditeurs, des métadonnées à la source, etc.) qui changera la nature du catalogage : moins de transcription, plus de travail sur les données d'autorité, les liens, etc. - bref, la valeur ajoutée par les bibliothèques.
Encore beaucoup de catalogueurs dans les agences bibliographiques nationales, beaucoup moins dans les autres bibliothèques où le personnel pourra se consacrer davantage à d'autres tâches orientées vers le public : médiation, etc.

Pourra-t-on corriger les notices en provenance des catalogues d'éditeurs (et vice versa, les éditeurs pourront-ils corriger nos notices) ?

Normalement oui, mais selon d'autres techniques : réutiliser les données (triplets) qui nous conviennent, en ajouter d'autres pour compléter ou corriger l'information. Un des enjeux du Web de données est la source des données et la confiance accordée à cette source.

Qu'apporte RDA si on continue à cataloguer en UNIMARC ?

Une préparation des données structurées, organisées selon le modèle FRBR dès le catalogage. Toute FRBRisation a posteriori est sommaire et donc insatisfaisante ; en particulier, les expressions sont très difficiles à identifier et à regrouper à partir des notices existantes. C'est donc un catalogage fin, propre, organisé selon les entités pertinentes pour structurer l'information de manière à la porter facilement et utilement sur le Web (ce qui nous intéresse dans RDA, c'est le catalogage FRBRisé, pas les règles elles-mêmes - d'où le travail sur la révision des règles françaises à partir de RDA). Mais cela implique des évolutions d'UNIMARC pour mieux exprimer les données FRBRisées (cf. le travail actuel du CfU).

Combien de temps va durer la période de cohabitation MARC-RDA ?

On ne peut pas indiquer une durée précise, mais la Bibliothèque du Congrès a la ferme intention d'aller vers le scénario 1 d'implémentation de RDA - ce qui suppose d'avoir quitté le format MARC et ses limites. C'est le sens de l'initiative "Bibliographic Framework Transition Initiative" qui veut définir un nouveau cadre pour la diffusion des données bibliographiques avec les technologies du Web.
Lorsque cette initiative a été lancée en 2011, l'objectif était l'abandon définitif de MARC d'ici dix ans.

Un projet de modèle a été proposé en septembre 2012 et un groupe de six bibliothèques travaille avec la Bibliothèque du Congrès por tester et développer ce modèle. Le projet BIBFRAME dispose d'un site dédié où l'on peut suivre les récents développements du modèle.

Peut-on cataloguer avec RDA dans un format MARC ?

Oui, RDA est indépendant des formats.
MARC 21 et UNIMARC ont évolué pour prendre en compte RDA ; en outre, UNIMARC est en cours d'évolution pour permettre un catalogage FRBRisé.
Toutefois, un catalogue en MARC ne permettra pas de tirer le meilleur parti des techniques du Web sémantique.

Quelles répercussions l'évolution annoncée des catalogues et l'adoption d'un nouveau code de catalogage sont à attendre sur le travail des catalogueurs ? Les pratiques professionnelles vont-elles se transformer et si oui, dans quel sens ?

Il y aura moins de catalogage original au profit de création de liens vers les entités figurant dans des réservoirs de données fiables (agences bibliographiques nationales en particulier) ; la gestion et la description des exemplaires resteront, en revanche, au niveau du catalogue local. L’enjeu sera bien d’ouvrir les données du catalogue vers d'autres types de données disponibles sur le Web, à charge pour les bibliothèques d’évaluer les sources auxquelles ils lieront leurs données (fiabilité, responsabilité  de la source productrice vis à vis des données et de leur pérennité) pour permettre aux usagers de naviguer hors du catalogue (éviter ainsi l'effet « cul-de-sac »). Exemple : portail "Histoire des arts" du Ministère de la Culture et de la Communication né d’un accord avec Wikimédia.

Peut-on préparer dès à présent son catalogue à la « FRBrisation » ? Si oui, de quelle manière et sur quels types de données faut-il être vigilants ?

On peut d’ores et déjà préparer son catalogue en veillant à la qualité et à la complétude d’un certain nombre de données, pour faciliter, le moment venu, la conversion des notices en vue de la FRBRisation du catalogue. Il convient donc d’être attentifs aux points suivants en veillant tout particulièrement  à :

- saisir les accès titres complémentaires au titre propre du document, en particulier : titre original,  titres des œuvres contenues dans la publication...,

- renseigner correctement les données codées, en particulier celles relatives à la langue (zone 101 d’UNIMARC) : indicateur de traduction, sous-zones précisant la langue de la publication, la langue originale, la langue intermédiaire, etc.,

- s’assurer du bon appariement entre des titres et les responsabilités associées (par ex. une traduction et son traducteur),

- (r)établir les codes de fonctions en format en privilégiant l’indication réelle de la responsabilité exercée sur l’affichage selon la norme Z 44-059 et en tenant compte des cas particuliers (cas des bandes dessinées, par ex. : les codes « auteur du texte » et « illustrateur » sont-ils pertinents ?),

 - mentionner la zone 2 (ISBD) en cas de nouvelle édition.

Voir également à ce sujet, le billet de Philippe Le Pape du 20 avril 2012  sur rda@abes : « Préparer la FRBRisation des données ».

Quel intérêt les petites structures documentaires ont-elles à adopter RDA ?

Appliquer les normes permet aux petites structures de s’inscrire dans le mouvement général d’évolution des catalogues et d’être en cohérence avec les règles de description appliquées par les agences bibliographiques. Il existe, par ailleurs, une possibilité de description minimale avec RDA dans la mesure où le code ne comporte que peu de « core elements » ou « éléments fondamentaux ». Appliquer ce code permettra également aux petites structures de valoriser leurs fonds en les rendant plus visibles sur le Web tout en économisant du temps de travail (liens à des données produites par des sources extérieures pour la description et l’enrichissement du catalogue local).

Voir également le projet "OpenCat", expérimentation qui permet aux bibliothèques publiques de bénéficier des enrichissements effectués par la BnF sur ses propres données grâce aux technologies du web sémantique.

Est-ce qu'on récupérera des données RDA en provenance de la Library of Congress dès 2013 ?

Oui, mais l’impact sera mineur tant que ce seront des notices MARC. Des notices cataloguées selon RDA sont d’ores et déjà présentes dans le catalogue de la Library of Congress et il y en aura de plus en plus car tout le catalogage courant est conforme à RDA depuis avril 2013.

Consulter le catalogue de la Library of Congress : http://catalog.loc.gov/

Quel sera le rôle des agences nationales (BnF, ABES) ?

Elles continueront, dans un premier temps, à assurer une continuité de services vis à vis des bibliothèques, qui continueront à récupérer leurs notices selon les modalités actuelles, tout en assumant un rôle de préfiguration et d’expérimentation de la FRBRisation autant que possible en concertation mutuelle. Pendant la période de transition, elles offriront les deux procédures : maintien des modalités actuelles de récupération, d’une part et proposition de notices FRBRisées, d’autre part. Dans le futur, elles alimenteront  et maintiendront des réservoirs de données FRBRisées et en RDF.

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