FRBR

Comment seront traités les livres anciens dont deux exemplaires peuvent ne pas être identiques (cf interpolations, censure, etc.) ?

Selon le modèle FRBR, des variantes significatives dans le texte constituent une nouvelle expression.
Les marques de possession (ex-libris) et annotations manuscrites propres à un exemplaire relèvent de l'Item.

Comment seront traités les œuvres classiques et les textes anciens (Bible, Iliade, etc), pour lesquels on établit déjà une vedette titre uniforme (champ 500 d'UNIMARC, qui en quelque sorte représente déjà une œuvre) ?

Ces oeuvres sont celles pour lesquelles on établit déjà un point d'accès normalisé pour identifier l'Oeuvre, voire une notice d'autorité décrivant l'Oeuvre. Ce traitement sera généralisé à toutes les Oeuvres.

Toutefois, un titre uniforme pour des oeuvres textuelles tel qu'il est construit actuellement contient également des éléments qui identifient l'Expression (langue, version), voire la Manifestation (date de publication). Dans un catalogage FRBRisé ces informations seront données au niveau pertinent.

Est-ce que FRBR et RDA feront apparaitre les notices des catalogues de bibliothèques dans les premiers résultats de Google, Bing... ?

L'ambition de la nouvelle structuration de l'information bibliographique est bien de mettre les données des catalogues dans le Web de données, pour qu'elles soient exploitées par les moterus de recherche.
Toutefois les algorithmes de référencement dépendent des moteurs et peuvent varier. Toutefois, un critère important pour les moteurs de recherche est la présence de liens (et leur nombre).  
RDA seul, et même FRBR dans un catalogue isolé ne suffisent donc pas à assurer un bon référencement. C'est une organisation mutualisée de l'information bibliographique autour d'un réservoir national de données bibliographiques FRBRisées et disponibles sur le Web de données qui assurera une bonne visibilité des catalogues de bibliothèques dans les moteurs de recherche, tout en évitant le bruit.

Une contribution de type "Préface" doit-elle être mentionnée plutôt au niveau de la Manifestation que de l'Expression ?

Pour nous (groupe français) : oui. On considère que la manifestation contient à la fois une expression d'une oeuvre « principale », et aussi une expression d'une autre oeuvre, qui dans la ressource est appelée « préface » (ou autre). En général on ne décrira pas l'arborescence FRBR complète de la préface (oeuvre > expression), on se contentera de mentionner dans la notice de manifestation la présence d'une préface et éventuellement le nom de son auteur, comme on le fait aujourd'hui (avec point d'accès au nom du préfacier au niveau de la manifestation).

FRBR mentionne 10 entités, RDA y ajoute l'entité "Famille" : est-ce une liberté du code par rapport au modèle ?

L'entité "Famille" vient de FRAD : ce n'est donc pas une liberté de RDA.

FRAD définit ainsi l"entité Famille : "Personnes liées par la naissance, le mariage, l’adoption, l’union civile, ou tout autre statut légal du même ordre, ou des personnes qui pour toute autre raison se présentent elles-mêmes comme une famille." Par exemple : les Médicis, la famille Kennedy, la famille Rothschild, les Atrides, etc.

Cette entité est particulièrement importante dans le domaine des archives, mais on la trouve également dans les formats MARC (voir les zones 72X d'UNIMARC).

Quelle traduction faut-il retenir pour le sigle FRBR en français et comment expliquer ce choix ?

Au sujet de la forme développée du sigle FRBR en français, on trouve, selon les sources, deux développements qui sont les suivants : "Spécifications fonctionnelles des notices bibliographiques" ou "Fonctionalités requises des notices bibliographiques".

Il s'agit en fait d'une évolution dans la traduction de l'expression anglaise "Functional Requirements".
Lors de la traduction initiale du Rapport final sur les FRBR, publiée en 2001, nous sommes restés très près du texte anglais et avons fait une traduction littérale du titre (mot à mot : un substantif traduit par un substantif, un adjectif par un adjectif, d'où "Functional Requirements" = "Spécifications fonctionnelles"), même si le résultat est assez abscons en français...
Avec l'usage, les présentations du modèle et de la démarche FRBR, nous nous sommes rendus compte qu'en français, la logique est différente et que nous parlons spontanément des "Fonctionnalités requises" (ou attendues) des notices bibliographiques dans le sens où l'anglais parle de "Functional Requirements". L'expression "Spécifications fonctionnelles" relève du jargon des cahiers des charges - pas d'un modèle conceptuel et abstrait ! Nous avons donc décidé de corriger la traduction initiale en "Fonctionnalités requises".
Nous avons d'abord utilisé cette nouvelle traduction lors de la traduction en français des modèles FRAD et FRSAD, puis nous l'avons substituée à la précédente à l'occasion de la reprise de la traduction du Rapport final sur les FRBR, suite à la révision de ce dernier par l'IFLA (version de 2007). La nouvelle traduction française, à jour, du Rapport final sur les FRBR, publiée en mars 2012, a donc pour titre : Fonctionnalités requises des notices bibliographiques : rapport final.
C'est cette traduction qu'il faut utiliser désormais.

Qu'apporte RDA si on continue à cataloguer en UNIMARC ?

Une préparation des données structurées, organisées selon le modèle FRBR dès le catalogage. Toute FRBRisation a posteriori est sommaire et donc insatisfaisante ; en particulier, les expressions sont très difficiles à identifier et à regrouper à partir des notices existantes. C'est donc un catalogage fin, propre, organisé selon les entités pertinentes pour structurer l'information de manière à la porter facilement et utilement sur le Web (ce qui nous intéresse dans RDA, c'est le catalogage FRBRisé, pas les règles elles-mêmes - d'où le travail sur la révision des règles françaises à partir de RDA). Mais cela implique des évolutions d'UNIMARC pour mieux exprimer les données FRBRisées (cf. le travail actuel du CfU).

Quelle différence y a-t-il entre un catalogue à facettes et un catalogue FRBRisé ?

Un catalogue à facettes n'est qu'une interface qui concerne seulement l'exposition des données. La structure reste inchangée (juxtaposition de notices), mais celui-ci peut donner l'illusion d'un catalogue FRBRisé dans la mesure où il exploite des informations structurées (type de document, date, langue, indexation matière). Cependant il ne réorganise pas les données entre entités signifiantes ouvrant à des utilisations futures. C’est toute la différence avec un catalogue FRBRisé où l’information structurée en réseau permet la navigation au sein du catalogue ET prépare la transition vers le web de données et la ré-utilisation de l'information bibliographique par des utilisateurs et pour des utilisations diverses et variées.

Quel est l'intérêt de FRBR pour la description des travaux scientifiques ?

Dans le cas d’une publication originale avec une seule manifestation, FRBR n’apportera rien de plus que la description actuelle. En revanche, on pourra lier les entités vers des ressources complémentaires. Pour le signalement de la littérature grise et des thèses, on produira des métadonnées descriptives qui pourront être ouvertes mais devront, dans ce cas, être articulées avec des métadonnées de gestion des droits d’accès. Pour les thèses, l’intérêt de FRBR est de permettre de gérer les différentes versions de la thèse jusqu'à son état définitif (Cf. la Recommandation TEF sur le site de l'ABES : http://www.abes.fr/abes/documents/tef/).

Comment appliquer le modèle FRBR aux documents qui font l'objet d'une seule et unique publication ? Comment traiter les unica (par ex. "Les demoiselles d'Avignon") ?

Les quatre entités du Groupe 1 du modèle FRBR (Œuvre, Expression, Manifestation, Item) sont présentes dans toute ressource (qu’elle soit publiée et donc représentée par plusieurs exemplaires ou qu’il s’agisse d’un document unique par nature : manuscrit d’écrivain, tableau, etc.). Dans le cas du tableau « Les demoiselles d’Avignon », l’Œuvre correspond aux concepts qui ont présidé à la création de ce tableau par Picasso, l’Expression à l’agencement de formes et de couleurs utilisées par Picasso pour réaliser ces concepts, la Manifestation est la définition abstraite des caractéristiques physiques (support, dimensions, etc.) de l’ensemble des exemplaires qui matérialisent l’Expression et l’Item correspond au seul et unique exemplaire.

Dans le cas d’une reproduction, telle qu’une affiche ou une carte postale, on considère qu’il s’agit d’une nouvelle Œuvre (le photographe en étant le créateur) liée à l’Œuvre originale. Ce point est toutefois en débat.

Dans le cas d’une numérisation, soit celle-ci est considérée comme un Item, s’il s’agit d’une numérisation « brute » de sauvegarde, soit elle est traitée comme une Manifestation si elle fait l’objet d’une diffusion commerciale ou si elle a donné lieu à un travail éditorial. C’est la pratique actuelle, mais elle pourrait évoluer avec le changement de structure des catalogues et le développement des bibliothèques numériques. Toute numérisation pourrait être considérée comme une nouvelle Manifestation.

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